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Succession France & Espagne : quelles différences ?
De plus en plus de familles sont concernées par une succession transfrontalière : résidence en France avec un bien immobilier en Espagne, héritiers vivant à l’étranger, couples franco-espagnols, investisseurs.
Or, la France et l’Espagne appliquent des règles très différentes en matière de succession, notamment sur :
- la loi applicable ;
- les droits de succession ;
- la protection du conjoint survivant ;
- les délais et formalités ;
- le rôle du notaire et des administrations.
Sans anticipation, une succession France / Espagne peut vite se compliquer et entraîner :
- ❌ des droits de succession inutilement élevés (France ou Espagne selon le cas) ;
- ❌ des blocages bancaires en Espagne (comptes gelés jusqu’à régularisation) ;
- ❌ des pénalités fiscales liées aux délais (déclaration et paiement) ;
- ❌ des conflits entre héritiers (répartition, réserve héréditaire, conjoint survivant).
🔗 Pour une vue d’ensemble des règles de succession en Espagne (loi applicable, héritiers, réserve héréditaire, rôle du notaire), consultez notre guide de référence :
Héritage en Espagne : règles, démarches, succession et héritiers — Guide général
1. Quelle loi s’applique à une succession France / Espagne ?
Depuis le Règlement européen n°650/2012, la succession est en principe régie par la loi de la résidence habituelle du défunt, sauf choix de la loi de sa nationalité dans un testament.
Texte officiel : Règlement (UE) 650/2012
À retenir — Si vous possédez un bien en Espagne, un testament adapté (et un choix de loi clairement formulé)
permet souvent d’éviter des blocages et d’accélérer les démarches.
À lire :
Comment préparer sa succession quand on possède un bien immobilier en Espagne (Article 5)
2. Le rôle du notaire : France vs Espagne
🇫🇷 Notaire français
- Acteur central de la succession : il pilote la majorité des démarches.
- Établit l’acte de notoriété (identification des héritiers).
- Calcule et collecte les droits de succession.
- Gère la quasi-totalité du processus : inventaire, liquidation, formalités, répartition.
👉 Une succession en France est généralement très encadrée, mais offre moins de flexibilité pour organiser certains cas (familles recomposées, protection du conjoint, etc.).
🇪🇸 Notaire espagnol
- Rôle principalement authentificateur : il formalise l’acte, mais ne “gère” pas toute la succession.
- Rédige l’acte d’acceptation ou de renonciation à l’héritage.
- Ne calcule pas l’impôt (ISD) et ne collecte pas les droits de succession.
En pratique, les héritiers doivent eux-mêmes :
- déposer la déclaration fiscale (ISD) auprès de l’administration compétente ;
- payer l’impôt dans les délais ;
- enregistrer le bien au Registro de la Propiedad (registre foncier).
👉 En Espagne, la succession est donc souvent plus administrative et nécessite une bonne coordination (documents, délais, registre, fiscalité).
🔗 Pour comprendre les démarches étape par étape, consultez l'article:
Héritage en Espagne : règles, démarches, succession, héritiers
3. Fiscalité des successions : France vs Espagne
En France
- Barème national unique (règles identiques sur tout le territoire).
- Abattement par enfant : 100 000 € (sous conditions légales).
- Taux progressifs pouvant atteindre 45 % selon les tranches.
- La transmission immobilière est souvent fortement taxée lorsque le patrimoine est important.
👉 En pratique : plus la valeur du patrimoine transmis est élevée, plus la fiscalité successorale devient pénalisante.
En Espagne
- Aucun barème national unique : l’impôt n’est pas identique partout.
- L’ISD (Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones) est géré par les Communautés autonomes.
- Résultat : une fiscalité très variable selon la région où se situe le bien (et selon la situation des héritiers).
Exemples (tendances 2026 selon les régions) :
- Madrid : bonification proche de 100 % pour les héritiers directs dans de nombreux cas.
- Communauté valencienne : bonification autour de 99 % pour conjoint et descendants, selon conditions.
- Andalousie : allègements importants, pouvant atteindre 99–100 % dans certaines situations.
- Catalogne : barèmes plus progressifs et parfois plus coûteux.
👉 Dans certaines régions, la fiscalité peut être quasi nulle pour le conjoint survivant et les enfants, alors que d’autres territoires appliquent des barèmes plus marqués.
🔗 Pour une analyse région par région avec exemples chiffrés, consultez l'article :
Fiscalité des successions en Espagne (ISD) : combien ça coûte selon les régions ?
4. Tableau comparatif visuel (France vs Espagne)
| Critère | France | Espagne |
|---|---|---|
| Loi applicable | Loi de la résidence du défunt, réserve héréditaire très encadrée. | Loi de la résidence habituelle ou loi de la nationalité choisie dans un testament (Règlement UE 650/2012). |
| Rôle du notaire | Interlocuteur central : liquidation, calcul des droits, formalités. | Rôle plus formel : acte d’héritage. Fiscalité & enregistrement gérés par les héritiers. |
| Droits de succession | Barème national + abattements, taux progressifs (jusqu’à 45%). | ISD régional : très variable selon la région, parfois fortement réduit en ligne directe. |
| Réserve héréditaire | Enfants réservataires, liberté de disposition limitée. | Réserve différente, plus modulable selon la loi choisie et la situation. |
| Conjoint survivant | Protection forte + exonération de droits pour le conjoint. | Protection moins automatique : dépend du testament, de la loi choisie et de la région. |
| Délais | Délais plus souples, aménagements possibles selon les cas. | Délai fréquent de 6 mois pour déclarer et payer l’ISD (+ prórroga possible). Retard = pénalités. |
| Bien immobilier en Espagne | Coordination possible, mais l’actif étranger complique souvent les démarches. | Acceptation devant notaire, déclaration ISD, inscription au Registro, mises à jour cadastre/IBI/charges. |
6. Délais en Espagne : le point qui coûte cher aux héritiers
En Espagne, la succession est très encadrée sur un point : le délai. Dans la plupart des cas, la déclaration et le paiement de l’ISD doivent être effectués dans un délai de 6 mois après le décès.
- Prórroga possible (prolongation), uniquement via une demande formelle faite dans les temps.
- Au-delà du délai : intérêts + pénalités, et parfois des démarches bloquées.
👉 C’est une erreur fréquente des héritiers non-résidents (documents à réunir, apostille, NIE, banque…).
🔗 Pour voir la procédure à distance (UE & hors UE), consultez l'article :
Hériter en Espagne en tant que non-résident
Conclusion : France ou Espagne, quel système est le plus avantageux ?
Il n’existe pas de « meilleur » système de succession entre la France et l’Espagne : tout dépend de votre résidence, de la localisation des biens, de la composition familiale (conjoint, enfants, famille recomposée) et des choix effectués en amont (testament, loi applicable, organisation patrimoniale).
En revanche, une chose est certaine : dans une succession France / Espagne, l’absence d’anticipation est souvent la principale cause de coûts inutiles, de retards et de tensions entre héritiers. Clarifier la loi applicable, comprendre les règles fiscales et préparer les documents clés permet généralement d’éviter les blocages.
🔗 Pour aller plus loin, consultez les articles complémentaires :
- Héritage en Espagne : règles, démarches, succession, héritiers
- Fiscalité des successions en Espagne (ISD) : combien ça coûte selon les régions ?
- Hériter en Espagne en tant que non-résident (UE & hors UE)
- Article 5 — Comment préparer sa succession quand on possède un bien immobilier en Espagne ?
- Article 6 — Hériter d’un bien immobilier en Espagne : démarches, cadastre, impôts, transmission
- Article 7 — Accepter ou renoncer à un héritage en Espagne (dettes, démarches)
- Article 8 — Comment se faire aider pour une succession en Espagne ?
Si vous possédez un bien en Espagne (ou si vous êtes héritier) et que vos démarches impliquent la France, nous pouvons vous aider à structurer les étapes : documents, calendrier, coordination avec les professionnels, et gestion du bien immobilier.
FAQ — Succession France & Espagne : quelles différences ?
Depuis l’entrée en vigueur du Règlement européen sur les successions (UE n°650/2012), la règle générale est la suivante : la succession est régie par la loi du pays de résidence habituelle du défunt au moment du décès. Cependant, un point très important change tout dans une succession France/Espagne : le défunt peut choisir la loi de sa nationalité dans un testament (par exemple, un Français résidant en Espagne peut demander l’application du droit français).
Ce choix a des conséquences directes sur la réserve héréditaire, la part du conjoint survivant, la répartition entre héritiers (enfants, famille recomposée), et l’organisation globale de l’héritage, notamment lorsqu’il existe un bien immobilier en Espagne.
En France, le notaire français est généralement l’acteur central : il établit l’acte de notoriété, organise la liquidation, prépare les formalités et, surtout, calcule et collecte les droits de succession. La succession est donc très encadrée et souvent “pilotée” par le notaire.
En Espagne, le notaire espagnol a un rôle plus “formel” : il authentifie l’acte d’acceptation ou de renonciation à l’héritage (et parfois le partage), mais il ne calcule pas l’impôt et ne collecte pas les droits de succession. Les héritiers doivent généralement gérer :
la déclaration fiscale ISD (Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones),
le paiement de l’impôt dans les délais,
l’inscription du bien au Registro de la Propiedad (registre foncier).
En pratique, une succession en Espagne est souvent plus administrative, surtout lorsque les héritiers vivent en France.
La réponse dépend du pays concerné, du montant transmis et, en Espagne, de la région (Communauté autonome). En France, les droits de succession suivent un barème national : vous avez notamment un abattement de 100 000 € par enfant, puis des taux progressifs qui peuvent monter jusqu’à 45 % dans les tranches élevées. Résultat : plus le patrimoine est important (notamment immobilier), plus la fiscalité devient pénalisante.
En Espagne, il n’existe pas un barème national unique : l’impôt sur les successions (ISD) est géré par les Communautés autonomes, ce qui explique des écarts énormes. En 2026, certaines régions appliquent des bonifications très élevées pour le conjoint et les enfants (parfois proches de 99–100 % dans certains cas), tandis que d’autres (ex : barèmes plus progressifs) peuvent être plus coûteuses. C’est pour cela qu’un comparatif “France vs Espagne” doit toujours tenir compte de la localisation du bien immobilier en Espagne.
En Espagne, le délai le plus connu (et le plus dangereux à ignorer) est le suivant : le paiement et la déclaration de l’ISD doivent en principe être effectués dans les 6 mois après le décès. Il est souvent possible de demander une prórroga (prolongation), mais uniquement via une demande formelle et dans des conditions précises.
En cas de retard, les héritiers peuvent subir :
des intérêts et pénalités fiscales,
un effet domino sur les démarches (banque, registre foncier),
et parfois des blocages administratifs tant que la situation n’est pas régularisée.
C’est un point clé, surtout pour les héritiers non-résidents qui découvrent la succession tardivement.
Oui, dans de nombreux cas, une succession en Espagne peut être gérée à distance, mais elle demande une préparation sérieuse. Les héritiers non-résidents (France, Belgique, Suisse, Canada, etc.) doivent souvent rassembler des documents, parfois les faire apostiller, organiser une procuration si nécessaire, et anticiper les démarches pratiques : relation avec la banque, fiscalité ISD, enregistrement au Registro de la Propiedad, mise à jour du cadastre, charges, IBI, etc.
L’erreur la plus fréquente est de sous-estimer le temps nécessaire pour réunir les documents et de dépasser le délai de 6 mois sans prórroga. D’où l’intérêt d’un accompagnement structuré (notaire, avocat/gestor, traducteur juré selon les besoins).
La meilleure stratégie consiste à anticiper et à clarifier les points qui créent 90 % des problèmes :
déterminer la loi applicable (et la choisir dans un testament si nécessaire),
comprendre la réserve héréditaire et les droits du conjoint survivant,
estimer la fiscalité en France et en Espagne (et en Espagne selon la région),
préparer un dossier de documents complet (identité, titres de propriété, certificats, procurations),
et planifier les délais (dont le fameux ISD sous 6 mois).
Plus la situation est internationale (héritiers en France, bien en Espagne, comptes bancaires espagnols), plus l’organisation en amont évite les blocages bancaires, les pénalités et les conflits entre héritiers.
Votre projet immobilier mérite un accompagnement sur mesure.
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